Participation au thème de Revue Méninge #13 : PACIFIER

Dès 1250, ce terme définit « faire la paix ou conclure un accord »1. Cette définition est toujours d’actualité car pacifier c’est à la fois : « Ramener à l’état de paix (un peuple, un pays, un territoire secoués par la guerre, la rébellion) »* Et « Apaiser, apporter le calme, la sérénité; remettre en ordre »*.

Mais ces définitions fournissent deux notions contradictoires, car si apaiser et apporter le calme sont bien relatifs à la paix ; qu’est-ce que ramener à l’état de paix une rébellion ? À quel point de vue cela se situe-t-il ?

Effectivement dès 1465, pacifier désigne aussi « faire cesser un trouble, un mouvement de révolte »*. Cette définition semble avoir écrasé l’autre pendant de nombreuses années, notamment pendant toute la période de colonisation où les campagnes militaires de pacification se sont démocratisées. Le fait de ramener à l’état de paix a été employé maintes fois notamment : en Algérie, à Madagascar, en Bretagne, en Vendée, en Amérique du Sud…

D’ailleurs, comme l’énonce très clairement Joseph Gallieni : « Frapper à la tête et rassurer la masse égarée par des conseils perfides et des affirmations calomnieuses, tout le secret d’une pacification est dans ces deux termes. En somme, toute action politique dans la colonie doit consister à discerner et mettre à profit les éléments locaux utilisables, à neutraliser et détruire les éléments locaux non utilisables. »**

Il nous semble nécessaire que l’art puisse dénoncer ces actions tout en valorisant l’apaisement, la sérénité et le calme. Tout comme la contre-culture des années soixante et leur « Peace and Love », redonnons au terme de pacifier son étymologie de paix et non d’une guerre pour la paix.

*Source : cnrtl.fr

**Source : Wikipédia, Joseph Gallieni, cité dans Alain Ruscio, « Le crédo de l’homme blanc », Éditions Complexe, Bruxelles, 2002, p. 250-251.

 

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